Alternance : encore faut-il trouver une entreprise…

Mise à jour le 2 octobre 2019 17:26:33

La rentrée est déjà passée, pourtant, nombreux sont les étudiants qui recherchent encore une entreprise prête à les accueillir pour une année de formation en alternance.

alternanceEn ce début d’année où l’état encourage les jeunes à choisir l’alternance, du CAP au bac + 5, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, les élèves prêts à se lancer dans l’aventure peinent à obtenir un contrat avec une entreprise. Sans ce précieux contrat, ils ne pourront mener à bien leur formation. L’année dernière, 627000 contrats d’alternance ont été conclus en France, dont 105000 en Ile-de-France où ce type de formation connait une plus forte augmentation que dans le reste du pays. L’objectif affiché est d’atteindre les 800 000 d’ici 2015.

Cette volonté de pousser les jeunes vers l’alternance vise à combattre le chômage des jeunes en favorisant l’orientation vers des métiers et secteurs qui recrutent.  Prenons le cas de l’apprentissage,  près de 70% des Franciliens ayant fini leur formation en 2011 ont trouvé un emploi.

Environ la moitié d’entre eux a trouvé dans l’entreprise avec laquelle il avait mené son apprentissage. La première étape reste de trouver un employeur prêt à donner sa chance au candidat. Et il y a moins de place qu’il en faudrait ! En effet, pour la région Ile-de-France, ce sont les petites entreprises qui tiennent le premier rôle. 9  entreprises d’accueil en alternance sur 10 ont moins de 10 salariés.

Dans le 77, la maison de l’emploi (MDE) du nord-est, à Meaux, a pris sur elle d’aider les jeunes sans entreprise pour la rentrée. Elle a transmis les CV des candidats à l’alternance aux associations de chefs d’entreprise du secteur. En espérant qu’ils trouvent un patron et qu’ils puissent s’engager dans la formation qui les intéresse. Laurent Kourilsky, directeur de la MDE explique que la mission de cet organisme consiste entre autres choses «  à réduire les ruptures de contrat, nombreuses dans les trois mois qui suivent l’inscription ».

Carine Olivier, nous explique son rôle de conseillère dédiée : « Je les coache, je les aide à présenter un projet viable, à bien connaître le métier. Je leur apprends à avoir une tenue correcte, un comportement adapté à l’entreprise, comme ne pas claquer la porte à la première remarque du patron. ». Elle apporte aussi les informations nécessaires à l’orientation des jeunes, afin que les filles ne se concentrent pas uniquement sur le secrétariat ou l’esthétique, secteurs plus que bouchés, et que les garçons sachent qu’ils ont un autre choix que le bâtiment. C’est ainsi que la MDE a récemment orienté quatre jeunes vers les métiers du verre.

La responsable des relations entreprises et emploi, Mylène Lefèvre, encourage les 400 patrons du secteur pour qu’ils embauchent un jeune en alternance. Elle compte parmi ses partenaires, les Halles d’Auchan, à Meaux. L’hypermarché alimentaire accueille trois ou quatre alternants de niveau BTS par an, sur à peu près 100 demandeurs. « On choisit le candidat comme une embauche de personnel. La motivation est essentielle, tout comme la vision du jeune sur son futur métier », relate le directeur, Nicolas Creusot. Il ajoute que l’alternant « doit connaître les exigences et les inconvénients du métier et avoir envie d’évoluer ».  D’après lui, une chose est certaine, choisir  un jeune en alternance « est une bonne garantie de recruter du personnel fiable à moyen terme ».

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